L’incapacité dans l’enseignement

Le diagnostic officiel
Les échecs dans l'enseignement secondaire

   L'introduction des mathématiques modernes
   Le plan informatique pour tous
   Le coût par élève

   L'absenteisme des enseignants

Les universités

Le diagnostic officiel

Le Ministère de l’éducation et de la recherche est la plus grosse administration au monde, après l’armée rouge en terme d’effectifs. Ce Ministère absorbe une part très importante du budget de l’État. Et pourtant les résultats sont décevants :

L’OCDE a publié un classement des systèmes éducatifs qui place la France au 20 ème rang sur 25 avec l’appréciation suivante : plus de 20 % des effectifs sont nuls ou quasiment en France.

Nous conseillons la lecture du livre "Le scandale de l'éducation Nationale"  aux éditions Robert Laffont, à tout lecteur qui souhaite approfondir ce sujet.

Nous reprenons quelques informations données dans ce livre.

L'OCDE définit l'illéttré de la façon suivante : un illettré est un adulte incapable de lire et de comprendre un texte d'usage courant de 25 lignes et d'en faire un résumé de 5 lignes.

Selon l'OCDE, en 1955, le pourcentage d'illéttrés adultes dans quelques pays serait le suivant :

Pays

Nbre d'illéttrés en pourcentage

Suède

Pays-Bas

Allemagne

USA

France

7 %

 10,5 %

 14,4%

20 %

  40,1 %

 

En 1996, l'armée française a effectué un test sur les conscrits : sur 394 400 jeunes de 18 à 24 ans, il y aurait 13 % d'illéttrés.

Ce pourcentage est considérablement supérieur au pourcentage d'illéttrés des années 50.

L'échec dans l'enseignement primaire

Depuis les années 50, le nombre d'heures d'enseignement a été réduit. Dans cet horaire réduit, on a placé des activités d'éveil, de sport, etc. au détriment des enseignements de base : calcul, lecture, français.

On a supprimé ou réduit le travail à la maison qui a été remplacé par la télévision, des jeux vidéo ou des activités sportives.

Le résultat n'a pas tardé à se faire sentir : chute des connaissances aussi bien sur le français qu'en calcul.

Selon le Figaro Magazine, 20 % des enfants entrant en classe de 6 ème, sont illettrés. Ces enfants, après avoir vivoté quelques années dans l’enseignements secondaire, seront de futurs chômeurs.

En dictée, les élèves d’aujourd’hui commettent en moyenne 2,5 fois plus de fautes que ceux des années 20. En calcul, près de 70 % des élèves de 1920 proposaient une démarche correcte et complète pour résoudre les problèmes contre seulement un tiers des élèves de la meilleure moitié de 1995.

Selon Liliane Lurçat, la principale cause de cet échec est la pédagogie utilisée et enseignée à l’IUFM[1]. Liliane Lurçat dénonce la méthode globale, l’absence de lecture à haute voix, l’absence de calcul mental, etc.

La volonté de permettre à tout jeune d'entrer au CES a conduit à supprimer l'examen d'entrée en 6 ème, examen qui existait dans les années 50. Il n'est donc plus nécessaire que les parents encouragent leurs enfants à travailler puisqu'ils rentreront de toute façon en 6ème. Conséquence : des élèves ayant de grandes difficultés pour lire et comprendre un texte entrent en 6 ème.  Cela joint aux difficultés de rendre obligatoire les redoublements pour les mauvais élèves a conduit à un nivellement par le bas.

Le niveau en orthographe du certificat d'études primaires, dans les années 1920-1950, était nettement supérieur au niveau de nombreux reçus au baccalauréat des années 1990-2000.

L'échec dans l'enseignement secondaire

En géométrie, les cas d'égalité des triangles sont enseignés en classe de seconde alors que dans les années 50, cet enseignement se faisait en classe de 4 ème.

Tout le monde finit par porter des lunettes en vieillissant à cause de la presbytie. En outre, on utilise des appareils photos, certains utilisent des loupes, des jumelles, des longues-vues, des microscopes. Tout cela fait appel à des notions d'optique géométrique. Les notions de base étaient enseignées en classe de 1ère et donnaient lieu à des problèmes lors de la première partie du baccalauréat. On a purement et simplement supprimé les cours d'optique et le baccalauréat en 2 parties.

On constate qu'il est possible d'obtenir son baccalauréat sans savoir faire la fameuse règle de 3 qui était, dans les années 50, enseignée à l'école primaire. On pourrait continuer cette critique longuement. la conclusion est consternante : le niveau du baccalauréat a beaucoup baissé. En outre on n'a pas su faire comprendre, notamment aux parents, que les métiers manuels n'étaient pas déshonorants et qu'un bon artisan pouvait beaucoup mieux gagner sa vie qu'une profession intellectuelle médiocre.

Il est aujourd'hui possisble d'obtenir son baccalauréat sans savoir faire une règle de 3. Or la règle de 3 faisait partie des connaissances que tout élève d'école primaire devait acquérir.

Dans les années 50, un bachelier qui ne voulait pas poursuivre ses études était sûr de trouver du travail. Aujourd'hui, un simple bachelier, s'il ne poursuit pas ses études, a de grandes chances de devenir chômeur. De nombreux diplômés de l'Université éprouvent des difficultés à trouver du travail.

La conséquence économique est catastrophique : plus de 3 millions de personnes sans emploi alors que des entreprises et des artisans cherchent en vain à augmenter leurs effectifs.

Selon le Ministère de la défense[2], un conscrit sur 10 ne sait pas lire et 30 % des 18-25 ans ne peuvent pas comprendre le sens d’un article de journal portant sur un sujet simple.

 

Le Ministère de l’éducation se comporte de façon dictatoriale

Dans les grandes écoles, il y a, en général, un comité (dont le nom est conseil de perfectionnement ou conseil scientifique) composé d’enseignants et de personnalités du monde industriel et scientifique qui se réunissent au moins une fois par an pour discuter de l’évolution des programmes d’enseignement.

Pour l’enseignement primaire ou secondaire, le ministère décide tout seul de ce qu’il faut faire. Les deux erreurs suivantes sont des exemples d’inepties produites par cette attitude.

L’introduction des mathématiques modernes

Dans les années 70, ce Ministère a introduit l’enseignement des mathématiques modernes, sans se préoccuper de leur utilité, puis devant les échecs que cela a entraîné, s’est enfin résolu à les supprimer. Si ce Ministère avait demandé l’avis des scientifiques travaillant dans le secteur économique, une telle bêtise n’aurait jamais été faite.

Dans l’enseignement secondaire, l’enseignement des mathématiques n’est pas lié à celui de la physique et il n’y a pas d’enseignement de la technologie.

Le fait que les universitaires vivent dans leur tour d’ivoire explique en partie que les programmes de mathématiques et de physique soient très éloignés des produits couramment utilisés et que cet enseignement soit jugé pénible par les élèves.

Une autre explication : Des amis ont suggéré que l’introduction des mathématiques modernes aurait pu être décidée dans l’esprit suivant : ces mathématiques n’ont pas été apprises par les parents qui ont fait des études supérieures et ils ne pourront donc pas aider leurs enfants. Ainsi les enfants sont totalement dépendants des formateurs.
Ce serait donc une manière de lutter contre les inégalités sociales : plus de fils à papa dans les écoles !

L’apprentissage de la lecture selon la méthode globale

De même, dans l’enseignement primaire (cours préparatoire), le Ministère avait introduit la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture avant de faire marche arrière.

L’enseignement de la philosophie

La France est le seul pays civilisé où les élèves de l’enseignement secondaire reçoivent un enseignement de philosophie. Il serait certainement souhaitable de se demander pourquoi des pays comme l’Allemagne, la Suisse, le Japon, etc. n’ont pas jugé bon d’insérer cette matière dans l’enseignement secondaire et ont préféré accentuer leur effort sur d’autres disciplines.

Quel serait la réponse à la question suivante qui serait posée aux parents d’élèves :

Préférez vous avoir un enfant ayant suivi un cours de philosophie, mais qui devient chômeur ou avoir un enfant nul en philosophie mais qui trouve du travail ?

L’affectation des enseignants

L'affectation des enseignants se fait selon des critères complexes qui ne satisfont pas les jeunes enseignants qui sont trop souvent nommés dans des lieux géographiques qui ne leurs conviennent pas.  On peut se poser la question suivante : l'appartenance à un syndicat du type FEN ne constitue-t-il pas un avantage pour obtenir une bonne affectation?

 

Le cas de Madame HS

Madame HS, après avoir obtenu le diplôme d’Ingénieur de Sup Télécoms Paris, prépare le concours de l’agrégation de mathématiques et est brillamment reçue à ce concours. Elle suit donc la période de formation à la pédagogie dans l’enseignement à l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres). Après cette période, elle est nommée professeur en classe de 6 ème. Elle a préféré donner sa démission et le secteur privé l’a accueilli avec plaisir : un fonctionnaire qui a le courage de quitter un poste de fonctionnaire pour prendre les risques du secteur privé !

Ainsi, le Ministère, en nommant un jeune professeur à un poste dévalorisant pour un agrégé, a dépensé de l’argent inutilement et se prive d’une personne compétente. Ce gâchis témoigne en outre de la sclérose et de l’incapacité psychologique du Ministère. En effet, cette jeune battante aurait bien pu affronter les élèves de terminale ou de préparation.

L’échec du plan Informatique pour Tous

Ce plan avait été lancé par Laurent Fabius et consistait à introduire, dans des établissements de l’enseignement secondaire, des micro-ordinateurs de conception Thomson : des TO7 et des MO5. Ces micros étaient reliés par le réseau local "nanoréseau" non standard, de conception française à un serveur. L'éducation Nationale faisait en outre la promotion du langage LSE, langage purement franco-français avec lequel des applications d'EAO ont été développées, évidemment aux frais du contribuable.

La mise en œuvre de ce plan et sa supervision avait été confiée à Gilbert TRIGANO qui n’avait aucune expérience de l’enseignement de l’informatique.

L’échec a été cuisant : tout le matériel a été abandonné. L’analyse de cet échec est intéressante :

Finalement, tout a été mis à la poubelle.

La décision politique de placer, dans les CES et lycées, des machines permettant l’accès à Internet  pourrait conduire à un échec comparable.

Le coût par élève

Selon l'IFRAP, outre une meilleure qualité de l'enseignement, l'école privée serait moins onéreuse que l'école publique :

coût moyen annuel d'un élève : 35 900 dans le public et seulement 20 000 Francs dans le privé. Cette différence de coût s'explique en partie par l'absentéisme, une mauvaise gestion (des enseignants payés pour ne pas enseigner) et certainement des salaires supérieurs.

Les milieux moyens et défavorisés se tournent de préférence vers l'école privée. Cependant des grands défenseurs de l'école publique ont soin de mettre leurs enfants dans le privé. Selon l'IFRAP, c'est ou cela a été notamment le cas de :

Ségolène ROYAL, Martine AUBRY, Robert BADINTER, Jean-Pierre CHEVENEMENT, Pierre JOXE et même François MITTERRAND pour Mazarine.

L'absenteisme des enseignants

Selon l'IFRAP, l'absenteisme des fonctionnaires coûterait environ 140 Milliards au contribuable, alors que si le taux d'absenteisme était le même que celui du secteur privé, c'est à dire environ 2 fois moins, il ne coûterait que 70 milliards.

L'échec dans les universités

Par certains aspects, les universités sont le parent pauvre de l’État :

Cela est caractéristique d’un manque de prévision patent : dans les années 70, comme le nombre de bacheliers augmentait et, par voie de conséquence, le nombre d’étudiants, on s’est mis à construire des universités dans de nombreuses villes et à agrandir les universités existantes. Il semble qu’on ait simplement oublié de prévoir que le fonctionnement correct d’une université est coûteux chaque année.

Comme les écoles d’Ingénieurs et les grandes écoles de commerce (comme HEC, l’ESSEC, etc.) fonctionnent en général mieux que les universités et que leurs élèves trouvent plus facilement un emploi que ceux qui sortent de l’université, le gouvernement de Lionel JOSPIN s’est attaqué aux grandes écoles en saisissant le prétexte du bizutage et cela en faisant des déclarations mensongères.

L’une des raisons de la désaffection des entreprises pour les universitaires est que ceux-ci vivent coupés du monde économique, contrairement aux enseignants des écoles d’Ingénieurs (conseils de perfectionnement).

Jean-Marie Albertini, dans son livre « les rouages de l’économie Nationale » présente le tableau suivant :

Pays

taux de scolarisation des jeunes de 21 ans en 1991/92

France

Allemagne

Belgique

Danemark

Espagne

Royaume Uni

USA

30,4 %

15,1 %

27,2 %

18,5 %

23,4 %

12,5 %

27,8 %

Taux de scolarisation des jeunes de 21 ans

Ce tableau montre que nous avons le taux de scolarisation le plus élevé des différents pays et que cependant le taux de chômage des jeunes de 20 à 30 ans est particulièrement élevé. Cela conduit à se poser les questions suivantes :

;       a-t-on trop d’étudiants ?

;       nos étudiants sont-ils formés à des disciplines qui n’intéressent pas le marché du travail ?

Conclusion

L'échec de l'état dans l'éducation est certainement l'échec le plus cuisant et le plus grave. Il y a certainement plusieurs raisons à cela :

 

[1]         Le CNRS est à coté de la plaque : Capital N°81 de juin 1998

Référence : Le scandale de l'Education Nationale, divers articles de la presse écrite.

[1]       IUFM : Institut Universitaire de Formation des Maîtres.

[2]       Cf Le Point N° 1306 du 27 septembre 1997